Dr Pr. D’Agostino, MD, PhD

Clinique de la Main Bruxelles - Lasne

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Le syndrome du tunnel cubital

QT Pathologies

Il existe une proéminence osseuse à la partie interne du coude (épitrochlée ou épicondyle médial) sous laquelle passe le nerf cubital. A cet endroit, le nerf est exposé au risque de compression.

Lorsque la pression sur le nerf est assez grande que pour perturber son fonctionnement, un engourdissement, des picotements et des douleurs peuvent être ressenties dans le coude, l'avant-bras, la main, et/ou les doigts.

  • Le nerf cubital (en jaune) passe sous l’épicondyle médial à la face interne du coude Le nerf cubital (en jaune) passe sous l’épicondyle médial à la face interne du coude Anatomy images courtesy and copyright of Primal Pictures Ltd – www.primalpictures.com

Plusieurs mécanismes peuvent générer une pression sur le nerf cubital au niveau du coude :

  • Compression: l’appui direct de la partie intérieure du coude sur un plan dure, un tissu conjonctif plus épais recouvrant le nerf, ou des variations structurelles des muscles entourant le nerf au niveau du coude
  • Traction ou étirement: la flexion prolongée du coude, ou un traumatisme du coude
  • Friction: un nerf ulnaire instable se luxant au devant de l’épitrochlée ou épicondyle médial lors des mouvements de flexion du coude

Les symptômes du syndrome du tunnel cubital sont généralement la douleur, l'engourdissement, et/ou des picotements (paresthésies).

L'engourdissement et les picotements concernent le plus souvent l'annulaire et le petit doigt. Les symptômes sont habituellement ressentis lorsqu'une pression s'exerce sur le nerf, comme lors de l'appui direct du coude sur un accoudoir, lors de mouvements répétitifs de flexion et d'extension du coude, ou lors d'une flexion prolongée du coude, pendant une conversation téléphonique ou pendant le sommeil par exemple.

Certains patients remarquent une perte de force, une certaine maladresse, et/ou une tendance à laisser tomber les objets.

Dans les cas sévères, la perte de sensibilité peut être permanente et les muscles de la main subissent une fonte progressive, entraînant une perte de force.

L'anamnèse et l'examen clinique sont des éléments importants. Il faudra rechercher une faiblesse musculaire, une irritabilité du nerf à la percussion et/ou à la flexion du coude, et des modifications de la sensibilité cutanée.

Une EMG sera effectuée pour confirmer le diagnostic de syndrome du tunnel cubital et mettre en évidence sa gravité. Cet examen peut mettre en évidence également tout autre problème possible, tel qu'une compression nerveuse au niveau du cou, pouvant provoquer des symptômes similaires.

Des radiographies du coude en incidence du tunnel cubital sont nécessaires à l'évaluation des structures osseuses et des articulations du coude.

Les symptômes peuvent parfois être soulagés par des moyens simples, en particulier si l'EMG montre que la compression du nerf est minime.

La modification des habitudes de sollicitation du coude peut réduire considérablement la pression sur le nerf. L'éviction de l'appui direct du coude sur des plans dures, ou le port d'une coudière peuvent aider. Le port d'une attelle d'extension la nuit peut aussi s'avéré utile. Des séances d'ergothérapie pour apprendre à éviter la pression sur le nerf peuvent être nécessaire.

Lorsque les symptômes sont sévères ou ne s'améliorent pas, la chirurgie sera nécessaire pour soulager la pression sur le nerf.

Plusieurs techniques chirurgicales existent : l'ouverture simple de la voûte du tunnel (décompression), le déplacement du nerf dans un nouvel emplacement à l'avant du coude (transposition) et l'élargissement du tunnel en enlevant une partie de sa structure osseuse (épicondylectomie médiale).

Après la chirurgie, la reprise dépendra du type de chirurgie qui aura été effectuée. Des séances de kinésithérapie pourront être nécessaire.

L'engourdissement et les picotements peuvent disparaître rapidement ou lentement. L'amélioration de la force de la main et du poignet peut prendre plusieurs mois.

Dans les cas sévères, les symptômes peuvent ne pas complètement disparaître après la chirurgie.

Au cours de votre consultation, le Dr D'Agostino discutera des différentes options de traitement actuels et pourra vous aider à opter pour le meilleur traitement en fonction de votre cas particulier.